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Chaire de recherche sur « la santé des plantes en Roussillon et notamment la Sharka »

Que sait-on concrètement de le Sharka ? Quels travaux sont menés aujourd’hui ? Des solutions existent-elles ? Face à ces problématiques, la Fondation UPVD (Université de Perpignan) et la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles des Pyrénées-Orientales (la FDGDON 66) s’allient pour favoriser une meilleure connaissance de la maladie et diffuser les connaissances scientifiques aux producteurs arboriculteurs. Avec l’aide de son mécène fondateur, la Fondation UPVD crée la chaire de recherche sur les problématiques de santé des plantes en Roussillon et notamment le virus de la Sharka : tout un programme d’actions et de travaux de recherche pour répondre à ces questions d’intérêt général.

S’appuyant sur l’expertise scientifique de Cédric Bertrand, enseignant-chercheur au laboratoire CRIOBE de l’UPVD, un programme de travaux et d’actions est mis en place. Les producteurs sont également impliqués pour partager des données utiles aux travaux.

La chaire est lancée officiellement en avril 2019.

Lancement Chaire Sharka en présence de la FDGDON66 et des producteurs - avril 2019

Lancement de la « Chaire de recherche sur la santé des plantes et l’arboriculture en Roussillon et notamment la Sharka » en présence de la FDGDON66 et des producteurs – avril 2019

Les spécificités du verger roussillonnais induisent des actions locales et territoriales. Les premiers travaux de la chaire visent à étudier les corrélations entre l’apparition de la maladie et les pratiques culturales, grâce à l’établissement d’une cartographie des parcelles touchées par la Sharka. Elle sera le fruit d’une analyse de métadonnées existantes sur la maladie (issues notamment du suivi des parcelles sélectionnées par la FDGDON 66) mais aussi d’une série d’entretiens et de collecte d’informations auprès des producteurs du département.

Statistiques, implantations, conduite du verger… l’ensemble de ces éléments sera donc étudié pour en tirer des enseignements.

En parallèle, une thèse sur la détection précoce de l’organisme nuisibleviendra enrichir ces résultats permettant d’aller plus loin et de conseiller les producteurs touchés.

À travers la création de cette chaire, les deux partenaires poursuivent ainsi leurs missions : accompagner au plus près les producteurs, pour la FDGDON 66, et de valoriser la recherche tout en assurant la diffusion scientifique vers le plus grand nombre, pour la Fondation UPVD.

Avec 16 laboratoires de recherche sur des thématiques de pointe, l’UPVD est un interlocuteur de référence.Parmi ces laboratoires, le CRIOBE (Centre De Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement) s’attache à étudier les interactions entre les organismes. Cédric Bertrand, Professeur des Universités, est rattaché à ce laboratoire de recherche UPVD. Porteur académique de la chaire, il est notamment spécialisé dans les interactions des plantes avec leurs écosystèmes. C’est ainsi qu’il pourra apporter son expertise scientifique sur la Sharka en s’appuyant sur l’expérience des arboriculteurs et de leur syndicat professionnel, la FDGDON 66.

Concrètement, les premiers résultats de la recherche sur le virus de la Sharka

Après presque 2 ans d’études, d’analyses biostatistiques et biologiques effectuées sur près de 250 parcelles en Roussillon, plusieurs pistes émergent :

> Il n’y a pas de différence significative de pression de la maladie entre un mode de culture BIO du verger et un mode de culture conventionnel

> les cas de sharka sont sensiblement plus nombreux proches des haies, quelle que soit l’essence des arbres ou même l’orientation,

> les flores adventices peuvent présenter des symptômes similaires à la Sharka mais ne sont pas des réservoirs du virus

> certains pruneliers sauvages sont porteurs du virus et doivent être arrachés

> d’autres études sont en cours sur la sensibilité variétale, l’influence du porte-greffe et sur l’identification d’autres vecteurs que le puceron, d’éventuels insectes piqueurs-suceurs qui pourraient transporter le virus de la Sharka.

« Le territoire des Pyrénées Orientales présente de nombreux facteurs de variabilité donc il est très compliqué de mettre en évidence une corrélation entre un taux de sensibilité à la Sharka, une pratique culturale ou même une variété. L’outil de détection est nécessaire. » précise Cédric Bertrand.

Et c’est bien le futur projet très ambitieux du collectif : le développement d’un nouveau système de détection qui permettrait d’identifier la présence du virus de façon précoce, avant même que la maladie ne s’exprime et que la plante ne devienne contagieuse. Avec comme objectif d’adapter ce système à la vérification des plants, avant leur implantation sur le territoire.

À travers cette chaire, les deux partenaires principaux poursuivent ainsi leurs missions : accompagner au plus près les producteurs dans la lutte contre le virus de la Sharka, pour la FDGDON 66, et favoriser une meilleure connaissance de la maladie tout en assurant la diffusion scientifique vers le plus grand nombre, pour la Fondation UPVD.

 « Ce sont 22 000ha de prunus en France qui sont potentiellement impactés par le virus de la Sharka soit 22 000 emplois directement impactés … un impact encore plus important dans les Pyrénées-Orientales, 1er département français producteur de fruits » précise Gérard Majoral, Président de la FDGDON66.

Ces premiers résultats et pistes de recherche donnent déjà quelques éléments de réponse et de l’espoir à la filière pour faire face à cette maladie et faire perdurer la production. Une recherche très complexe puisque l’arrache intégral est obligatoire dès que 10% du verger est contaminé, limitant de ce fait les comparaisons et retours d’expérience.

Chiffres clés

  • 4 ans de recherche et actions
  • 1 stage de 7 mois sur le terrain en 2020
  • 1 bourse de thèse de doctorat
  • 250 parcelles analysées en Roussillon
  • 1 séminaire pour la profession

Article de presse – L’Indépendant

Reportage France 3 Roussillon

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