Avancées des recherches sur la Sharka

En Roussillon, la recherche contre le virus de la Sharka se poursuit et donne de l’espoir aux agriculteurs

 

Lancée en 2019 par la Fondation de l’Université de Perpignan et parrainée par la Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles des Pyrénées-Orientales (FDGDON66), la chaire sur « la santé des plantes en Roussillon et notamment le virus de la Sharka » présente ses premiers résultats encourageants dans la recherche et la lutte contre la Sharka, maladie fortement implantée dans les vergers du Roussillon. Une initiative d’envergure unique en France et en Europe, grâce à un travail collectif rassemblant arboriculteurs et chercheurs.

 

Organisme nuisible qui s’attaque essentiellement aux espèces à fruits à noyau du genre prunus, la Sharka peut avoir des conséquences économiques très importantes, notamment dans les Pyrénées-Orientales, 1er département producteur de pêches et nectarines de France, en rendant les fruits impropres à la commercialisation et en contraignant à l’arrachage des arbres infectés.

 

 

Un travail collectif unique dans une démarche « recherche – action » 

 Face au manque de solutions pour la sauvegarde du verger et afin d’éviter des arrachages massifs, les coopératives d’Ille Fruits et de la Melba se sont rapprochées de la FDGDON66, mécène-fondateur de la Fondation UPVD pour renforcer les moyens, soutenir la recherche et trouver des solutions de lutte efficace. La chaire de recherche sur « la santé des plantes en Roussillon et notamment le virus sur la Sharka » est alors créée en avril 2019 par la Fondation UPVD.

Parrainée par la FDGDON66 et ses producteurs, s’appuyant sur l’expertise scientifique de Cédric Bertrand, professeur au laboratoire CRIOBE de l’UPVD et de l’équipe de la start-up AKINAO, mécène-fondateur de la Fondation UPVD, un programme de travaux et d’actions est mis en place, pour une période de 4 ans, combinant recherche scientifique et étude terrain en vue de la définition de la parcelle idéale.

Stagiaires, doctorants, chercheurs de l’UPVD collaborent désormais au quotidien avec l’ensemble des arboriculteurs du Roussillon. Un programme collectif unique en France et en Europe.

 

Concrètement, les premiers résultats de la recherche sur le virus de la Sharka

Après presque 2 ans d’études, d’analyses biostatistiques et biologiques effectuées sur près de 250 parcelles en Roussillon, plusieurs pistes émergent :

> il n’y a pas de différence significative de pression de la maladie entre un mode de culture BIO du verger et un mode de culture conventionnel

> les cas de sharka sont sensiblement plus nombreux proches des haies, quelle que soit l’essence des arbres ou même l’orientation,

> les flores adventices peuvent présenter des symptômes similaires à la Sharka mais ne sont pas des réservoirs du virus

> certains pruneliers sauvages sont porteurs du virus et doivent être arrachés

> d’autres études sont en cours sur la sensibilité variétale, l’influence du porte-greffe et sur l’identification d’autres vecteurs que le puceron, d’éventuels insectes piqueurs-suceurs qui pourraient transporter le virus de la Sharka.

 

« Le territoire des Pyrénées Orientales présente de nombreux facteurs de variabilité donc il est très compliqué de mettre en évidence une corrélation entre un taux de sensibilité à la Sharka, une pratique culturale ou même une variété. L’outil de détection est nécessaire. » précise Cédric Bertrand.

Et c’est bien le futur projet très ambitieux du collectif : le développement d’un nouveau système de détection qui permettrait d’identifier la présence du virus de façon précoce, avant même que la maladie ne s’exprime et que la plante ne devienne contagieuse. Avec comme objectif d’adapter ce système à la vérification des plants, avant leur implantation sur le territoire.

 

 

À travers cette chaire, les deux partenaires principaux poursuivent ainsi leurs missions : accompagner au plus près les producteurs dans la lutte contre le virus de la Sharka, pour la FDGDON 66, et favoriser une meilleure connaissance de la maladie tout en assurant la diffusion scientifique vers le plus grand nombre, pour la Fondation UPVD.

 « Ce sont 22 000ha de prunus en France qui sont potentiellement impactés par le virus de la Sharka soit 22 000 emplois directement impactés … un impact encore plus important dans les Pyrénées-Orientales, 1er département français producteur de fruits » précise Gérard Majoral, Président de la FDGDON66.

Ces premiers résultats et pistes de recherche donnent déjà quelques éléments de réponse et de l’espoir à la filière pour faire face à cette maladie et faire perdurer la production. Une recherche très complexe puisque l’arrache intégral est obligatoire dès que 10% du verger est contaminé, limitant de ce fait les comparaisons et retours d’expérience.

 

A lire : présentation de la chaire de recherche sur la santé des plantes en Roussillon et notamment la Sharka.